mercredi 29 mars 2023

Critique cinéma - John Wick: Chapter 4

 





Spoilers à venir!!!


John Wick est l'une des mes séries de films d'actions préférées, se démarquant d'autres films du genre par ses chorégraphies inventives, son utilisation intéressante des lumières et éclairages, son worldbuilding inusité et, bien sûr, son héros titulaire. Ce 4e opus poursuit donc dans la même veine que les précédents, ne réinventant pas la roue, mais décidant plutôt de perfectionner la recette gagnante des autres films, nous offrant par le fait même le meilleur opus de la série. Je dirais même que ce nouveau volet permet de faire passer la franchise de "l'une des meilleures séries de films d'action" à "l'une des meilleures séries de films en général", offrant une digne conclusion qui permet de clore cette histoire démarrée dans le premier volet, tout en laissant suffisamment d'avenues ouvertes pour une possible suite si jamais la demande est là.


Je dois avouer que la durée de 2h49 du film m'a un peu fait peur au début. Oui, voir John Wick tuer des centaines de gars est absolument divertissant, mais est-ce que cela peut l'être pendant une si longue durée? La réponse finale est oui, mais il faut tout de même dire que ce film comportait de longs moments plus tranquilles entre ses différentes scènes d'action. Le tout était, selon moi, dosé d'excellente façon, la seule scène s'étant un peu trop étirée en longueur à mon goût étant la première scène d'action du film, au Japon.


Une grande partie de ce qui rend les scènes d'action de cette série si uniques est, ien entendu, la qualité des chorégraphies de combat et la variété de ces dernières. Pratiquement chaque scène d'action de ce film est mémorable, car elle comporte un élément différent qui la fait se démarquer : on a ici droit à une scène de combat en plein milieu de la route ultra achalandée de l'Arc de Triomphe, où les voitures passantes deviennent un obstacle assez majeur, puis, une scène filmée du haut des airs, chorégraphiée de façon exceptionnelle, faisant énormément penser aux jeux vidéo ayant une perspective top down, de même qu'un passage où Wick doit monter un long escalier le plus rapidement possible tout en affrontant des vagues d'ennemies qui lui bloquent le chemin. 


Rien de tout ceci n'est générique. Certains films d'action comportent leur lot de scènes d'actions, qui finissent par se fondre parmi le reste et qu'on oubliera assez vite. Avec John Wick, je suis en mesure de me rappeler de chaque scène d'action présente dans le film, même des jours après.


Évidemment, le tout demande un peu d'éteindre son cerveau pendant quelques heures. John Wick a beau porter un veston pare-balles, il est un peu irréaliste qu'il survive à autant d'ennemis qui n'ont pour seul but que de le tuer. Également, pendant le combat de l'Arc de Triomphe, il était un peu insensé que les citoyens qui n'avaient rien à voir là-dedans continuent de circuler sur cette route au lieu de prendre un détour pour éviter de se ramasser avec un gars mort sur leur pare-brise. Alors oui, il y a des petits éléments comme ça qui sont étranges, mais ils ne m'ont vraiment pas empêché d'apprécier le film au plus haut point et je ne pense pas que quelqu'un qui a vu les précédents volets va être surpris que le tout se passe de cette manière. Les gens devraient savoir à quoi s'attendre après tout ce temps.


La scène la plus marquante pour moi a définitivement été celle filmée du dessus. Elle m'a complètement captivé du début à la fin et j'en aurais même pris plus. La façon dont Wick et les différents ennemis se déplaçaient dans toutes les pièces était en tout temps cohérente et le tout était super clair à suivre. L'utilisation du fusil incendiaire par Wick était également très bien pensée et a permis de produire des effets de lumières très intéressants et uniques. Possiblement ma scène préférée de toute la série. 


Il me faut évidemment glisser un mot sur l'aspect plus technique du film. La cinématographie est excellente du début à la fin, mais ce qui a le plus attiré mon attention pendant le visionnement était l'utilisation de la lumière. Que ce soit le feu craché par le fusil de Wick pendant la scène mentionnée plus haut, les néons utilisés dans l'hôtel au japon ou au refuge du bizarre "Killa", la lumière joue un rôle très important pour nous plonger dans cette ambiance nocturne particulière à la série, tout en permettant de rendre les scènes d'action très claires et faciles à suivre. Cette utilisation de la lumière et la cinématographie impeccable s'allient pour créer un magnifique portrait  pendant toute la durée du film. Chapeau à toute l'équipe technique. 


L'histoire du film n'invente rien de particulièrement nouveau pour la série, alors que Wick est encore une fois poursuivi par de nombreux tueurs qui souhaitent obtenir la prime pour sa peau. Cependant, les nouveaux personnages introduits ont l'occasion de laisser leur marque. Donnie Yen est excellent dans son rôle de Caine et sa relation avec Wick était très intéressante à explorer. Je suis bien heureux qu'il ait réussi à s'en sortir vivant (du moins, jusqu'à cette scène à la fin du générique) et un film le mettant en vedette me plairait bien, sa technique de combat étant particulièrement intéressante à regarder. Mr. Nobody, incarné par Shamier Anderson, était également intéressant à découvrir et j'étais bien intrigué par ses véritables intentions concernant John Wick et le Marquis. Parlant du Marquis, je pense que ce dernier est l'un des méchants les plus mémorables de la série. Bill Skarsgard a très bien joué le rôle et j'ai vite appris à détester son personnage. Il n'a pas vraiment pu faire sa marque en combat, laissant toujours la sale besogne à ses acolytes, mais il a contrebalancé cela en lançant certaines répliques assez cinglantes à Wick. Mentions spéciales aussi à Ian McShane, Clancy Brown, Hiroyuki Sanada, Rina Sawayama, Laurence Fishburne et Lance Reddick (RIP), qui ont tous réussi à laisser leur marque dans le film.


Le film clôt l'histoire de John Wick de façon satisfaisante. Oui, John est mort (ou pas?), mais il réussit à sauver son honneur avant la fin et, par le fait même, à sauver son ami Winston. J'ai bien aimé que sa mort se produise au lever du soleil, alors que la majorité des scènes de tous les films se sont produites en pleine nuit. Ça pourrait être symbolique, mais je ne sais pas si c'est ce que les scénaristes désiraient faire. Ce 4e volet a moins développé ce monde alternatif que les précédents, introduisant peu de nouveaux éléments au lore de la Table Ronde, mais cela ne m'a pas vraiment dérangé et je pense que la série "The Continental" pourra sans doute répondre à certaines questions. Évidemment, j'aurais bien aimé voir Wick s'en prendre à la Table Ronde et ainsi éliminer la menace pour de bon, mais c'est quand même intéressant de laisser l'organisation ainsi, comme une mystérieuse entité qui reste assez inexplorée, mais tout de même menaçante. 


Est-ce que j'aurais aimé que la série se poursuive encore? Évidemment. Je ne me lasserai jamais de voir John Wick buter des centaines d'ennemis. En même temps, toute bonne chose a une fin et si c'est vraiment la fin de cette saga, j'en serai satisfait, car chaque volet a su délivrer un divertissement d'extrême qualité et il vaut mieux arrêter tout de suite que continuer à faire des films jusqu'à ce que notre mémoire de l'ensemble de la série soit un peu ternie à cause de films plus médiocres. N'empêche qu'il a été récemment annoncé qu'un cinquième volet était possiblement planifié. Cela voudrait-il dire que Keanu reviendrait encore une fois dans le rôle ? C'est possible. Ça ne m'étonnerait pas que Wick ne soit pas vraiment mort et que ce soit seulement ce qu'il laisse croire au monde, pour enfin vivre en paix. Tout cela reste donc à découvrir si jamais un 5e volet est effectivement produit, mais, en attendant, cette conclusion est extrêmement satisfaisante. 


Note finale : 9,5/10

 



lundi 13 mars 2023

Critique série - The Last of Us, S01E09 : Look for the Light (Fin de saison)



Spoilers à venir!!

Quand j'ai appris que cet ultime épisode de The Last of Us serait d'une durée de seulement 43 minutes, j'avoue que j'ai eu un peu peur que la série rate l'atterrissage. Il me semblait qu'il restait beaucoup de contenu à présenter pour compléter l'histoire, mais peu de temps pour le faire. Heureusement, mes craintes se sont avérées infondées et ce dernier épisode a conclu comme il le devait l'histoire du premier jeu. 

On commence par retourner dans le passé dans les premières minutes de l'épisode et c'est au tour de Ashley Johnson, l'interprète de Ellie dans le jeu, de briller. Je dois dire que ça faisait très étrange d'entendre la voix originale de Ellie dans un autre rôle, mais le lien était bon à faire étant donné que Johnson interprétait la mère de Ellie. Ce flashback relativement court nous permet d'apprendre l'origine de l'immunité d'Ellie (sa mère s'est fait mordre alors que le cordon ombilical était encore attaché, ce qui a causé que la jeune fille est née avec le cordyceps à l'intérieur d'elle et que, lorsqu'elle s'est fait mordre, le virus n'a pas voulu l'infecter), en plus de mieux nous expliquer comment Marlene a connu Ellie. Un flashback très pertinent donc, qui permet de nuancer encore plus les dernières minutes de l'épisode, alors que Marlene doit prendre la difficile décision de sacrifier Ellie pour la cause, malgré la promesse faite à sa mère. Ce flashback nous permet également de voir le seul infecté de l'épisode, ce qui m'a un peu déçu : j'espérais une dernière rencontre avec des infectés avant la fin de la saison. Pas nécessairement une scène de 10 minutes, mais au moins une petite présence afin de nous rappeler l'importance de cette immunité qu'Ellie possède. 

L'épisode nous a par la suite présenté, pour une dernière fois cette saison, quelques interactions entre Joel et Ellie pendant qu'ils parcouraient la ville détruite. J'ai bien aimé l'inversion de leur personnalité en comparaison avec les épisodes précédents : cette fois, c'est Joel qui est enjoué et raconte des blagues, pendant qu'Ellie se contente de courtes réponses et n'a pas vraiment l'air dans son assiette. Heureusement, la rencontre avec des girafes permet de remettre de la joie dans le cœur de la jeune fille, dans une scène très chouette qui met un peu de lumière dans cet épisode avant le chaos qui s'ensuivra. Nous avons droit après cela à une très belle scène où Joel avoue à Ellie qu'il a tenté de se suicider le lendemain de la mort de sa fille. Puis, très émotif, il laisse fortement croire que c'est sa rencontre avec Ellie qui l'a guéri. Un dernier bravo aux deux acteurs qui nous font passer à travers toutes sortes d'émotions dans leurs interactions. 

Impossible, bien sûr, de ne pas parler du carnage de l'hôpital, qui est le point principal de cet épisode. Après avoir été trouvé par Marlene et les Fireflys, Joel apprend de cette dernière qu'Ellie doit subir une chirurgie qui a de fortes chances de la tuer pour qu'un remède au cordyceps soit fabriqué. Joel ne peut pas accepter que sa jeune protégée soit utilisée de cette façon et, point de non retour, se débarrasse des deux gardes qui l'escortent vers la sortie avant de tuer presque tout le monde dans l'hôpital afin de retrouver Ellie. Une scène marquante, choquante, auquel on ne s'attend pas nécessairement avant l'arrivée de cet épisode. J'ai absolument adoré la façon dont la série a présenté cette séquence d'événements. Dans le jeu, on contrôle Joel, bien sûr, alors que le joueur est carrément forcé de tuer ces Fireflys qui habitent l'hôpital. Ici, on voit seulement des parties du massacre, alors que Joel exécute plusieurs personnes sans merci, en plus de voir les conséquences de ses actions, la caméra montrant des couloirs où des cadavres gisent au sol. Le tout, accompagné d'une nouvelle version beaucoup plus déprimante du thème principal. J'ai bien aimé la façon dont Pedro Pascal a acté la scène également : il a carrément l'air d'une machine à tuer, travaillant sans un mot, de façon presque robotique. Il paraît presque déconnecté de la réalité, comme si une autre version de lui avait pris le dessus. Le seul défaut de tout cela? Je trouve que la transformation de Joel en cette machine à tuer s'est faite trop rapidement, et j'aurais voulu qu'il y ait un peu plus de scènes dans l'hôpital avant ce moment, afin de voir Joel peser le pour et le contre de ses actions. J'ai aussi l'impression que nous n'avons pas assez vu de ce côté sombre de Joel au fil de la saison, alors pour certaines personnes, ce soudain carnage de sa part pourrait paraître abrupt. 

Les dernières minutes de l'épisode se déroulent exactement comme dans le jeu, alors que Joel ment complètement à Ellie sur ce qui s'est passé à Salt Lake City. Cependant, Ellie n'est pas dupe et a de légers doutes sur ce que lui dit Joel. Elle finit par faire promettre à Joel qu'il lui dit la vérité à-propos de ce qui s'est passé avec les Fireflys, mais le "ok" de la jeune fille, qui conclut à merveille cette première saison, en dit long sur ce qu'elle pense réellement. 

Cette fin douce-amère avait causé tout un débat lors de la sortie du jeu, et nul doute que de nouvelles personnes donneront leur opinion sur le sujet dans les prochaines semaines. C'est ce qui fait la beauté de cette conclusion : Joel avait-il raison d'agir ainsi ? N'aurait-il pas dû laisser Ellie mourir afin de potentiellement sauver le monde ? Aurait-il dû laisser le choix à Ellie ? Tant de questions que les téléspectateurs pourront se poser durant cette pause avant la prochaine saison. Mais cette fin se colle quand même très bien au thème principal de The Last of Us : ce que l'amour peut nous amener à faire dans un monde postapocalyptique. 

En bref, The Last of Us termine sa saison d'une excellente façon, dans une fin digne de celle du jeu original, mais qui ne semble pas être capable de délivrer autant au niveau émotionnel, car cette première saison n'a tout simplement pas passé assez de temps avec Joel et Ellie pour rendre leur lien aussi crédible que dans le jeu. Cette première saison reste tout de même excellente sur presque toute la ligne et nous démontre que oui, c'est possible d'adapter un jeu vidéo de façon satisfaisante : suffit de garder ce qui fait de l'œuvre originale un produit de qualité au lieu de tout modifier. Bien sûr, le choix des acteurs était très important pour rendre le tout agréable à regarder, et Pedro Pascal ainsi que Bella Ramsey ont su nous démontrer qu'ils avaient ce qu'il fallait pour rendre le tout très captivant. La série est également d'une énorme beauté, étant l'une des plus belles séries, visuellement parlant, que j'ai pu regarder jusqu'à présent dans ma vie. Les rencontres avec les infectés, bien que trop peu fréquentes, ont été diablement efficaces et j'espère en voir plus lors de la prochaine saison. Cependant, cela a permis à cette adaptation de passer plus de temps à développer ses personnages secondaires, nous offrant quelques incroyables moments comme l'épisode racontant l'histoire de Bill et Frank. L'attente pour la deuxième saison, qui sera assurément controversée si elle continue à suivre le jeu de cette façon, commence maintenant, et j'ai bien hâte de découvrir comme le deuxième jeu sera adapté.

Note finale : 9/10

mercredi 8 mars 2023

Critique série - The Last of Us, S01E08 : When We Are in Need






Spoilers à venir!!

Ce nouvel épisode de The Last of Us nous démontre que, dans cet univers, l'ennemi le plus dangereux n'est pas nécessairement celui que l'on pense. Malgré la présence d'infectés un peu partout, certaines personnes sont encore capables du pire dans ce monde post-apocalyptique, et c'est le cas de David, introduit dans cet épisode.

Les scénaristes nous introduisent de façon habile à ce personnage et au groupe qu'il dirige. Aux premiers abords, David nous paraît comme un un leader généreux et attentionné, qui veille au bien-être de son groupe. Il accepte même de fournir des médicaments à Ellie. Alors que ses partenaires souhaitent la mort de la jeune fille en guise de vengeance contre Joel, qui a tué l'un des leurs, David leur demande de garder Ellie en vie afin de l'introduire dans le groupe. Mais les dernières minutes de l'épisode nous laissent découvrir que le personnage a bien d'autres idées en tête.

Scott Shepherd joue son rôle avec brio et est très efficace pour rendre son personnage de plus en plus creepy pendant l'épisode. On a pu apprendre à le détester rapidement après avoir cru qu'il pouvait être un bon gars, alors chapeau à l'acteur d'avoir rendu le tout très crédible. 

Sommairement, l'épisode est exécuté d'une excellente façon, m'ayant gardé sur le bout de mon siège pendant toute sa durée. La montée de la tension était sans arrêt, culminant dans la captivante scène de la fin, où Ellie doit se cacher de David dans un restaurant en train de flamber. Cette scène est la chance pour Bella Ramsey de briller, et elle ne passe pas à-côté. Ses cris de désespoir alors que David s'apprête à la violer sont déchirants, puis sa colère alors qu'elle lui assène des dizaines de coups de couteaux se faisait presque ressentir à travers l'écran. Puis, elle et Pedro Pascal m'ont mis la larme à l'œil dans cette dernière scène où ils se retrouvent (et où on entend enfin le fameux "baby girl" de Joel). 

Pedro Pascal a également le temps de briller dans cet épisode, malgré son temps d'écran limité. On avait vu, à quelques reprises durant la saison, que Joel n'était pas un deux de pique en situation de combat et qu'il savait se défendre. Mais on n'avait pas encore vu à quel point il peut être sans merci lorsque c'est nécessaire. Cet épisode change la donne: lorsque Ellie est en danger, Joel devient sans pitié, torturant et tuant deux bandits sans aucun remord. Sa blessure ne semble même plus le déranger, alors qu'il parcourt à pied le trajet jusqu'au village voisin. Décidément, il tient vraiment beaucoup à la survie d'Ellie. 

J'ai bien apprécié que l'épisode passe plus de temps que le jeu sur la petite communauté de David. On découvre que ce ne sont pas seulement de mauvaises personnes qui y vivent et que ce n'est pas tout le monde qui est au courant pour le cannibalisme. Sachant à l'avance ce qui se préparait, j'ai trouvé intéressant de voir les petites nuances subtiles cachées pendant l'épisode, par exemple pendant la scène du repas, où il est très clair que certaines personnes ont moins le goût de manger que d'autres. Je me pose des questions aussi sur les raisons qui motivaient une partie du groupe à vouloir tuer Ellie immédiatement : était-ce vraiment une question de vengeance, ou c'était pour protéger Ellie de David et éviter qu'elle ne souffre ? On ne saura jamais la réponse, malheureusement. 

Passons maintenant à quelques aspects négatifs. J'ai trouvé que l'épisode était un peu court et que certaines parties se sont déroulées rapidement, surtout à la fin. J'aurais bien pris quelques minutes de plus pour voir Joel se rendre jusqu'au village et chercher Ellie. J'aurais aimé aussi voir d'autres villageois se mêler à l'histoire vers la fin. Sérieusement, où était passé tout le monde ? Personne ne s'est aperçu que le restaurant était en train de brûler? J'ai aussi trouvé la mort du personnage de Troy Baker (Joel dans le jeu!!) un peu abrupte : de la nuance semblait être introduite dans sa caractérisation, puis il a soudainement été tué sans que l'on connaisse vraiment ses intentions. 

Ces défauts restent des éléments assez mineurs en général et j'ai quand même trouvé l'épisode vraiment excellent. J'imagine que des personnes ayant regardé d'autres séries du genre, comme The Walking Dead, pourraient le trouver un peu cliché, surtout l'inclusion des cannibales, mais je pense que le focus sur la relation entre Joel et Ellie suffit pour rendre cette série différente des autres du même genre. Il reste maintenant un seul épisode, d'une durée de 43 minutes, et je suis curieux de découvrir comment les scénaristes ont réussi à conclure le tout de façon satisfaisante, cette durée me semblant plutôt courte. 

Note finale : 9/10


Petites comparaisons avec le jeu : 

  • Je pense que j'aurais préféré que la scène de la fin se déroule comme dans le jeu, c'est à dire que Joel arrive dans le restaurant et arrête Ellie alors qu'elle est en train de se défouler sur le corps de David. Ça apportait un petit quelque chose de plus au niveau émotionnel. 
  • J'aurait également aimé voir une scène où Ellie et David doivent s'enfuir d'infectés, un peu comme dans le jeu. Ça permettait de faire équipe avec David pour quelques minutes et d'augmenter le lien de confiance entre Ellie et lui. 

mardi 28 février 2023

Critique série - The Last of Us, S01E07 : Left Behind




Ce nouvel épisode de The Last of Us est probablement le plus fidèle au jeu vidéo jusqu'à présent. C'est par contre ce qui fait que je l'ai un peu moins aimé que les précédents : je n'ai pas adoré 
« Left Behind » autant que le reste du jeu lorsque j'ai joué au DLC l'an dernier, alors cette adaptation très fidèle allait certainement moins me plaire que le reste. 

N'empêche que ça reste un bon épisode de télévision et que mon intérêt moindre pour celui-ci provient plus de mes goûts personnels que du produit en tant que tel (disons que je ne trouve pas cela très palpitant de découvrir les 4 merveilles d'un centre commercial). Nous avons ici un épisode centré sur les personnages, qui fait plus particulièrement la lumière sur le passé d'Ellie et nous explique mieux pourquoi elle est la personne qu'elle est aujourd'hui. Je ne veux donc rien enlever à la pertinence de cet épisode.

Il est encore difficile de dire si le placement de cet épisode dans la saison sera bénéfique au final, mais présentement, je trouve que le rythme a vraiment été coupé. J'aurais bien vu cet épisode jouant entre les saisons 1 et 2, comme une sorte de bonus, un peu comme le DLC l'était pour le jeu. J'aimais beaucoup la transition entre la blessure de Joel et la suite qui avait été effectuée dans l'œuvre originale. Chapeau aux scénaristes cependant, d'avoir effectué un lien thématique entre les flashbacks et le présent, les paroles de Riley influençant les actions de Ellie longtemps après. 

J'ai bien aimé la chimie entre Bella Ramsey et Storm Reid. Les deux actrices ont très bien interprété leur rôle et j'avais vraiment l'impression de regarder deux adolescentes en train de discuter de façon réaliste. S'il y avait bien deux actrices qui pouvaient garder mon attention dans ces scènes, c'étaient bien ces deux-là. Elles ont réussi de façon convaincante à nous faire croire en leur longue relation. Bella Ramsey a encore une fois démontré de ses prouesses, ses expressions faciales en disant long sur les états d'âme de son personnage. On pouvait sentir l'amour qu'elle éprouvait pour Riley au travers de notre écran, comme on a pu sentir sa peine lors de la découverte de sa morsure, ainsi que celle de Riley. Storm Reid a également très bien joué son rôle et le tout aurait été beaucoup moins convaincant si l'une des deux actrices avait été médiocre. Décidément, cette série excelle pour ce qui est de développer des relations amoureuses entre deux personnes dans l'espace d'une cinquantaine de minutes.

Le lien thématique entre le passé et le présent était aussi très bien pensé. Ellie a perdu quelqu'un de cher, tout comme Joel, et ils peuvent donc très bien se comprendre sur ce point, au contraire de ce que Joel pensait dans l'épisode précédent. Ellie tient donc à ce que Joel survive autant que ce dernier désire protéger la jeune fille, et elle n'arrêtera pas de l'aider tant que ce ne sera pas fini. 

J'ai un peu moins aimé que l'épisode nous tease la présence d'un infecté pendant une bonne partie de sa durée. Je trouve que ça aurait été plus surprenant de ne pas montrer l'infecté du tout et de seulement le révéler lors de l'attaque. Ça aurait aussi permis à l'épisode d'être moins prévisible. J'imagine que l'ajout a été fait pour garder l'attention des téléspectateurs ennuyés par l'épisode. 

La cinématographie était encore une fois au top dans le centre commercial. La prise de vue symétrique lorsque les lumières se sont allumées sous les yeux d'Ellie était splendide. Cette série est capable de rendre même un simple centre commercial intéressant visuellement. Les lumières de l'endroit lui ont donné une ambiance particulière, complètement différente du reste de la saison, mais tout aussi réussie et spectaculaire. 

Je suis maintenant curieux de découvrir ce que les deux derniers épisodes de la saison nous réservent. Si le tout est bien réussi et ne semble pas précipité, je serai heureux. Cependant, j'ai quelques craintes, considérant que le dernier épisode sera seulement d'une durée de 43 minutes. Je comprends évidemment que le jeu regorge de scènes de gameplay et que les dernières parties de l'histoire n'ont pas énormément de choses à raconter, mais je me pose quand même des questions, tout en restant optimiste. Après tout, Neil Druckmann est impliqué, alors comment les scénaristes pourraient rater leur coup ?

En bref, The Last of Us présente ici un épisode qui permet de développer davantage le personnage d'Ellie, en explorant son passé à l'aide d'un long flashback. L'épisode a réussi à me garder accroché malgré des scènes que j'ai trouvé un peu moins intéressantes, grâce en bonne partie aux deux actrices très douées. De plus, le lien fait entre le passé d'Ellie et ses actions présentes est tout aussi pertinent que dans le jeu vidéo. 

Note finale : 8/10



lundi 20 février 2023

Critique série - The Last of Us, S01E06 : Kin

 



Après l'action de la semaine dernière, The Last of Us explore cette fois les émotions de ses personnages et nous délivre un épisode beaucoup plus intime et lent, rempli d'excellentes performances.

La série fait vraiment une excellent travail pour balancer ses moments plus lents avec ses scènes d'action. Le tout reste toujours extrêmement captivant, les scènes de dialogue captant toujours mon attention, sans exception. Tout est bien réfléchi et logique, filmé avec soin. Les performances des acteurs et leur chimie ont également un rôle très important pour garder l'attention des gens, même dans des scènes plus lentes comme cette semaine. 

La série reste encore une fois impeccable visuellement, absolument magnifique en 4k, et les paysages hivernaux de cet épisode nous permettent de découvrir ce monde postapocalyptique sous un autre angle. On a droit à plusieurs plans magnifiques alors que Joel et Ellie se baladent à dos de cheval.

Nous retrouvons cette fois Joel et Ellie en plein hiver, 3 mois après les événements de l'épisode précédent. J'avoue que j'aurais aimé qu'on voit un peu plus les répercussions que la mort de Sam et Henry ont eu sur le duo, mais malheureusement, nous n'avons droit qu'à une brève mention des deux frères lors d'une conversation. C'est aussi dommage de rater 3 mois de "bonding" entre Joel et Ellie, mais les premières minutes de l'épisode nous donnent un bon aperçu de comment leur relation a évolué.

J'ai absolument adoré le couple de personnes âgées du début de l'épisode. La scène était hilarante et j'en aurais pris encore plus. Je pense qu'un épisode complet axé sur ces deux personnages serait absolument excellent. En espérant qu'ils fassent une autre apparition un peu plus tard dans la série.

Nous assistons, assez tôt dans l'épisode, à une crise de panique de la part de Joel. Bien que ce n'est pas clair dès le début que c'est ce qui lui arrive, le reste de l'épisode finit par nous démontrer que c'est bien cela. C'est intéressant de découvrir un Joel beaucoup plus vulnérable que dans le jeu, et probablement plus réaliste aussi. Son monologue, lorsqu'il explique ses motivations à son frère Tommy, est délivré de superbe façon par Pedro Pascal. Joel a peur. Il sent qu'il n'est plus la personne qu'il était, qu'il a perdu des plumes. Il a peur de causer la mort d'Ellie, les flashs de la mort de Sarah lui revenant bien évidemment en tête. C'est très intéressant de voir ce côté du personnage et j'ai bien hâte de découvrir comment cela entrera en jeu dans les prochains épisodes. Bella Ramsey a également la chance de briller dans son échange avec Joel, quelques minutes plus tard. Elle aussi, elle a perdu des gens qu'elle appréciait, et elle ne veut pas que ça se produise avec Joel aussi. Ce dernier résiste tout d'abord, redoublant même en disant des choses plutôt blessantes à Ellie, jusqu'à ce qu'il change finalement d'idée le lendemain, laissant le choix à Ellie pour son prochain compagnon de voyage.

J'ai bien aimé explorer la ville de Jackson et faire plus ample connaissance avec Tommy. Gabriel Luna fait un bon travail dans son interprétation du frère de Joel et ses scènes avec ce dernier m'ont captivé. J'ai aussi trouvé la façon dont Jackson était organisée très réaliste et ils ont suffisamment développé sur le sujet pour que le tout fasse du sens. Bravo aussi à la production, qui a mis le paquet pour transformer cette ville (est-ce que c'est Banf?? Ça lui ressemblait un peu) en un refuge postapocalyptique. 

La dernière partie de l'épisode est un peu précipitée, alors que Joel et Ellie se dirigent vers l'université du Colorado pour rencontrer un groupe de Fireflys. On a droit, encore une fois, à quelques intéressantes scènes entre Joel et Ellie, dont entre autres un hilarant moment où Ellie tente de tirer une cible avec une carabine. Je ne me lasserai jamais de ces moments et j'en prendrais même encore plus (le "asshole" écrit sur la cible était hilarant). Notre duo arrive finalement à l'université et tout se passe très vite : on les voit explorer le campus à dos de cheval tout en discutant, ils trouvent le labo et l'explorent pour se rendre compte qu'il est vide, puis des bandits les attaquent et c'est à ce moment que Joel se fait transpercer par un morceau d'une batte de baseball cassée. La blessure semble plutôt grave et Joel commence à perdre du sang. Ellie réussit à le motiver assez pour qu'ils prennent fuite, laissant derrière eux d'autres bandits qui tentent de les rattraper. Puis, une autre scène nous montre Joel, s'effondrant sur le sol, et une Ellie paniquée qui tente de le garder éveillé. Le dernier plan (dans lequel le cheval semble vraiment trop immobile) nous laisse en suspens sur le destin de Joel et il faudra attendre à la semaine prochaine pour avoir des réponses. 

J'ai trouvé que ces dernières minutes se sont déroulées un peu trop vite, le moment à l'université, assez important dans le jeu, ici réduit à une affaire de 7 ou 8 minutes. Heureusement, le reste de l'heure était excellent et suffisant pour garder la qualité de l'épisode très élevée en général.

En bref, The Last of Us ralentit le temps d'un épisode pour nous délivrer un ensemble de scènes de dialogues actées de façon impeccable, tout en élargissant son monde, nous faisant découvrir que certaines communautés réussissent encore à vivre de bonne façon dans dans ce monde postapocalyptique, à condition, bien sûr, d'ignorer ce qui se passe à l'extérieur de leurs murs. 

Note finale : 9/10


lundi 13 février 2023

Critique série - The Last of Us, S01E05 : Endure and Survive




Spoilers à venir!

The Last of Us conclut le séjour de Joel et Ellie à Kansas City dans ce nouvel épisode et, comme je le pensais la semaine dernière, les épisodes 4 et 5 forment un tout cohérent qui aurait pu, à mon avis, être présenté dans un seul épisode de plus longue durée. Je suis tout de même heureux de dire que mes craintes de la semaine dernière ont été apaisées et que je pourrai mieux apprécier l'épisode 4 lors de mes prochains visionnements de la série. 

L'introduction de l'épisode a permis de nous montrer la brutalité que les membres de la résistance ont exercé contre FEDRA lors de la révolution et c'était plutôt perturbant. Oui, FEDRA peut faire de mauvaises choses, mais est-ce vraiment mieux de les traiter d'une telle façon ? Des gens qui se sont sans doute alliés à FEDRA, pour avoir plus de chances de survie et être mieux protégés, finissent par mourir aux mains des membres de la résistance, sous les ordres de Kathleen, qui veut à tout prix trouver Henry. 

Pourquoi donc Kathleen veut tant retrouver Henry ? Parce qu'il a révélé à FEDRA où se cachait le frère de Kathleen, ancien leader de la résistance, afin d'obtenir des médicaments permettant de traiter la leucémie de son frère Sam. Un frère pour un frère, donc. Sauf que FEDRA a finalement décidé d'exécuter le frère de Kathleen, ce qui a par la suite mis cette dernière aux commandes de la résistance. 

La série pose donc d'intéressantes questions sur le bien et le mal et, bien que je puisse compatir avec Kathleen sur certaines choses, sa façon de faire est un peu extrême et il est difficile de prendre son parti. Dans ce monde, chacun prend pour soi et ses proches et Henry a bien sûr voulu prendre soin de son frère par-dessus tout. Si les positions avaient été inversées, nul doute que Kathleen aurait fait la même chose.

J'ai préféré Melanie Lynskey dans cet épisode que dans le précédent. J'ai fini par m'habituer à sa façon de parler et, au final, il est probablement plus réaliste qu'une personne aux mauvaises intentions comme elle soit ainsi, au lieu d'être un cliché de plein d'autres méchants de la télévision. N'empêche qu'il était très satisfaisant de la voir périr aux mains (ou à la bouche) de cet enfant infecté juste après qu'elle ait mentionné à nos protagonistes que les enfants meurent à chaque jour dans cet univers. Un beau moment de poetic justice. 

Lamar Johnson et Keivonn Woodard ont quant à eux fait un travail impeccable afin de nous rendre attachés à leurs personnages en l'espace d'un épisode, ce qui a évidemment rendu les dernières scènes encore plus tragiques. J'ai bien aimé qu'Ellie tente de rassurer Sam et je crois qu'elle pensait vraiment que ça allait peut-être fonctionner lorsqu'elle a mis son sang sur la plaie du garçon. Ça pourrait paraître comme une chose vraiment stupide dans d'autres circonstances, mais il ne faut pas oublier qu'Ellie est jeune encore et qu'il est normal qu'elle soit naïve pour certaines choses.

Les moments de détente avant l'action étaient les bienvenus et m'ont fait souhaiter que Henry et Sam, d'une certaine façon, réussissent à s'en sortir. Sam a apporté beaucoup de joie à Ellie malgré le peu de temps qu'ils ont passé ensemble et il est certain que la mort de ce dernier aura un gros impact sur Ellie. Henry aurait très bien pu aider Joel et ça aurait donné à ce dernier une personne de plus sur qui compter. Malheureusement, le destin des deux personnages est resté le même que dans le jeu, présenté dans un ensemble de scènes splendidement actées à la fin de l'épisode.

Je dois bien sûr glisser un mot sur la grosse scène d'action de l'épisode, qui était absolument extraordinaire. J'apprécie vraiment la façon dont la série utilise les infectés afin qu'ils ne deviennent pas une présence constante et qui deviendrait donc rapidement lassante. Les créateurs ont décidé de seulement les faire apparaître à certains moments et ça permet de rendre ces scènes extrêmement efficaces. Ici, une énorme horde d'infectés finit par sortir de sous la terre, attirés par tout le vacarme se déroulant où nos protagonistes sont réunis, et attaque tous les gens présents, déferlant comme une vague sur la foule. Cette scène m'a fait penser à l'épisode Hardhome de Game of Thrones, où des zombies exécutent une attaque surprise contre un village où quelques personnages sont réunis. C'est une façon très efficace de produire de l'action, car on ne s'y attend pas, et cela apporte définitivement son lot d'adrénaline. La scène est très bien filmée, facile à suivre malgré le chaos qui y règne, et ne s'étire jamais en longueur. J'ai simultanément adoré et été dégoûté par l'apparition d'un enfant infecté qui tentait d'atteindre Ellie dans une voiture. Nous avons également eu droit pour une première fois à la présence d'un bloater, ces énormes infectés extrêmement puissants, et il a eu le temps de laisser sa marque, courant et frappant les gens autour de lui comme un lutteur enragé, arrachant la tête de Perry au passage. Le point de vue qui montrait tous les infectés se dirigeant vers la ville était également assez intimidant et ne laisse présager rien de bon pour Kansas City. 

Cet épisode de The Last of Us nous fait donc passer parmi toute une gamme d'émotions, nous faisant rire par moments, nous tenant sur le bout de notre siège à d'autres occasions, avant de nous laisser sur une note sombre et triste dans ses dernières minutes. J'ai aussi bien aimé un thème récurrent approché dans cet épisode : jusqu'où sommes nous prêts à aller pour protéger une personne que l'on aime ? On a vu que, pour certains, comme Henry, ça peut se rendre extrêmement loin. 

Note finale : 9,5/10


lundi 6 février 2023

Critique série - The Last of Us, S01E04 : Please Hold to my Hand





Spoilers à venir!

Après un troisième épisode dirigeant le focus vers Bill et Frank, The Last of Us nous ramène à Joel et Ellie dans le suivant. Le plaisir est cependant de courte durée, les 45 minutes de cet épisode trop court filant à toute allure pour finalement nous offrir un épisode de transition mettant en place les principaux pions de ce nouveau chapitre de l'aventure, qui s'étalera visiblement sur au moins 2 épisodes. 

Cet épisode sera certainement moins mémorable que d'autres, puisqu'il comporte peu de scènes cruciales ou marquantes. En effet, une bonne partie de ces 45 minutes nous présente des scènes qui se concentrent sur la relation entre Joel et Ellie. J'ai bien aimé retrouver des éléments qui étaient aussi présents dans le jeu, comme le magazine porno de Bill ainsi que les blagues du livre trouvé par Ellie (la blague à-propos de la diarrhée est définitivement la meilleure de l'épisode et je comprends pourquoi c'est celle-là qui a fait flancher Joel). Ces scènes apportent donc une légèreté bienvenue à l'épisode et nous font oublier pendant quelques minutes la cruauté de ce monde. Je ne suis pas du tout déçu des interactions entre les personnages et j'en aurais même pris encore plus. J'ai cependant l'impression que Joel se rapproche plus rapidement d'Ellie que dans le jeu. Je ne sais pas trop encore à quel point cela va progresser au fil des prochains épisodes, mais je peux comprendre en même temps que les scénaristes veuillent accélérer ce point pour garder l'intérêt des téléspectateurs.

J'ai absolument adoré les scènes de road trip au début de l'épisode. Le montage qui présente la voiture roulant dans différents environnements était de toute beauté et nous a présenté plusieurs points de vue intéressants. Les responsables des effets visuels ont vraiment tout donné pour nous offrir un monde post apocalyptique visuellement vraisemblable. 

La scène d'embuscade était bien exécutée. Il n'y avait évidemment pas autant d'ennemis que dans le jeu et c'est bien normal, puisqu'un seul homme pouvant abattre autant d'ennemis est plutôt irréaliste. Cela nous permet par contre d'obtenir une scène plus marquante, plus brutale, alors que l'un des hommes supplie Joel et Ellie de ne pas le tuer et appelle même sa mère quelques secondes avant de mourir. Plutôt troublant, et c'est là qu'on se rend compte que cet univers, oui, comporte son lot de méchants et de héros, mais le tout n'est pas aussi simple que ces deux seuls mots. 

Ellie, quant à elle, tire sur son premier homme, du moins, c'est ce que l'on pense jusqu'à temps qu'elle révèle à Joel que ce n'était pas sa première fois. Elle ne divulgue cependant pas d'autres détails à celui-ci et nous devrons donc patienter pour avoir plus de détails. Joel semble vraiment perturbé par le fait qu'Ellie a tiré sur un homme et, clairement, comprend ce que cette dernière peut ressentir. C'est intéressant de le voir aussi vulnérable, alors qu'il a régulièrement de la difficulté à exprimer ce qu'il ressent. On voit qu'il n'est pas encore tout à fait à l'aise avec la jeune femme, mais il y a du progrès. Il lui laisse d'ailleurs un pistolet afin qu'elle puisse se défendre elle aussi. Notons aussi la scène dans la forêt, en pleine nuit, alors que Joel est incapable de fermer l'œil et va finalement garder le camp toute la nuit, laissant Ellie se reposer. 

J'ai un peu moins aimé les scènes avec le mystérieux groupe d'individus qui rôdent dans la ville et je me demande si c'était vraiment nécessaire de les humaniser. J'aimais bien, dans le jeu, le fait qu'on ne savait pas trop qui étaient ces gens (à moins de lire les notes éparpillées un peu partout), ce qui nous faisait comprendre que ce monde est brutal et rempli de personnes dangereuses qui sont prêtes à tout pour survivre et dominer. Je crains que le plus gros focus sur ces personnages enlève une partie de cette menace constante qu'ils exerçaient sur Joel et Ellie et fasse moins comprendre aux téléspectateurs à quel point ce monde est rempli de fous. Je dis ça sous toute réserve, cependant, n'ayant pas encore vu le prochain épisode. La leader de ce groupe, Kathleen, ne m'a pas vraiment convaincu jusqu'à présent. J'ai l'impression que sa façon de parler et sa personnalité ne correspondent pas à ses actions et son rôle dans toute cette histoire. Encore là, je suis prêt à être surpris dans le prochain épisode. 

J'ai cependant bien aimé le lien fait entre ce groupe de méchants et le duo formé par Henry et Sam, ce qui apportera sans doute plus de profondeur à leur histoire. J'ai bien hâte de mieux découvrir ces deux personnages dans le prochain épisode. 

En bref, The Last of Us nous délivre un épisode de transition vers son prochain chapitre, introduisant de nouveaux personnages et une nouvelle ville. Sa courte durée résulte en un épisode qui ne passera certainement pas à l'histoire, nous offrant peu de moments marquants. J'ai l'impression que le visionnement du prochain épisode aidera à mieux évaluer ce chapitre dans son ensemble. Les interactions entre Joel et Ellie sont cependant excellentes, tout comme la scène d'action centrale et la production qui continue d'être absolument exceptionnelle. 

Note finale : 8/10